Les fortes chaleurs au travail ne sont plus un sujet à traiter en urgence au mois de juin.
Dans le même temps, Météo-France indique que 2025 s’est classée au 4e rang des années les plus chaudes depuis 1900, et que l’hiver 2025-2026 a été le 4e plus doux. Attendre la première alerte est donc une erreur de pilotage.
Chez EXPERTORISK, l’enjeu est simple : transformer une obligation réglementaire en plan d’action clair, compréhensible et vendable. Autrement dit, passer d’un DUERP théorique à une prévention utile.
Pourquoi les fortes chaleurs au travail deviennent un sujet prioritaire en 2026
Les fortes chaleurs au travail deviennent un sujet central pour une raison simple : les épisodes de chaleur sont plus fréquents, plus longs et plus intenses. L’INRS le rappelle clairement. Cette évolution concerne les activités extérieures, mais aussi des postes intérieurs exposés à une ambiance chaude.
Autre point important : le Code du travail ne fixe pas une température maximale unique au-delà de laquelle le travail serait automatiquement interdit. En pratique, cela oblige l’employeur à raisonner en évaluation des risques, pas en seuil magique.
Enfin, le dispositif de vigilance de Météo-France sert désormais de repère. Le niveau jaune, orange ou rougecorrespond à un épisode de chaleur intense au sens du Code du travail. Pour le BTP, les périodes de canicule correspondant aux niveaux orange ou rouge ouvrent aussi droit, sous conditions, au régime d’indemnisation des arrêts de travail pour intempéries.
Fortes chaleurs au travail : ce que le DUERP doit désormais couvrir
Le point de départ est juridique. L’article R. 4463-2 impose à l’employeur d’évaluer les risques liés à l’exposition des travailleurs à des épisodes de chaleur intense, en intérieur comme en extérieur. Si le risque existe, des mesures ou actions de prévention doivent être définies.
L’article R. 4463-3 donne ensuite la trame de travail. Le DUERP doit permettre de justifier, au minimum, une réflexion sur huit leviers :
Les 8 leviers à prévoir dans le DUERP chaleur
- Des procédés de travail limitant l’exposition à la chaleur.
- L’aménagement des lieux et des postes.
- L’adaptation de l’organisation du travail, notamment des horaires et des pauses.
- Des moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire ou l’accumulation de chaleur.
- Une quantité d’eau potable fraîche augmentée autant que nécessaire.
- Des équipements de travail adaptés.
- Des EPI adaptés à la chaleur ou aux rayonnements solaires.
- Une information et une formation adéquates des travailleurs.
L’article R. 4463-4 ajoute une exigence très concrète : en cas d’épisode de chaleur intense, l’employeur doit fournir une quantité d’eau potable fraîche suffisante et prévoir un moyen de la maintenir au frais à proximité des postes, notamment en extérieur. Service-Public rappelle aussi qu’en l’absence d’eau courante, il faut mettre à disposition au moins 3 litres par jour et par travailleur.
Autre exigence souvent oubliée : lorsqu’un travailleur est particulièrement vulnérable en raison de son âge ou de son état de santé, l’employeur doit adapter les mesures en lien avec le service de prévention et de santé au travail.
Comment intégrer les fortes chaleurs au travail dans le DUERP, sans usine à gaz
La bonne méthode tient en cinq étapes.
1. Repérer les unités de travail réellement exposées
Il faut regarder les postes, pas seulement la météo. L’INRS cite des situations intérieures comme les buanderies ou les cuisines, et des activités extérieures comme le bâtiment ou le jardinage. Il faut aussi penser aux postes avec effort physique, aux déplacements, aux EPI lourds et aux locaux mal ventilés.
2. Croiser l’exposition avec l’organisation du travail
Le risque ne dépend pas seulement de la température. Il dépend aussi des horaires, de la durée d’exposition, de la charge physique, des pauses, de l’accès à l’eau et de la possibilité réelle de se mettre à l’ombre ou au frais. C’est précisément ce que visent les articles R. 4463-2 et R. 4463-3.
3. Définir des mesures opérationnelles par poste
Exemples de mesures cohérentes avec les textes : démarrage plus tôt, décalage des tâches pénibles, pauses renforcées, rotation des équipes, pare-soleil, ventilation, zones de récupération, réfrigération de l’eau, adaptation des EPI, rappel des signes d’alerte. Ces pistes figurent dans la logique des mesures listées par l’INRS et Service-Public.
4. Prévoir une procédure d’alerte simple
Le DUERP ne doit pas rester un fichier. Il doit renvoyer à une procédure courte : qui surveille la vigilance Météo-France, qui décide l’adaptation des horaires, qui vérifie l’eau, qui informe l’encadrement, qui déclenche les secours si un salarié présente des signes de coup de chaleur. Le recours à la vigilance Météo-France est bien prévu par le cadre réglementaire.
5. Former avant la chaleur, pas pendant
Le texte impose l’information et la formation. C’est là que beaucoup d’entreprises perdent du temps. Une causerie sécurité de 15 minutes, une fiche réflexe manager et un support CSE/CSSCT suffisent souvent à rendre le dispositif crédible et traçable. L’obligation de formation, elle, est claire.
Les erreurs fréquentes sur les fortes chaleurs au travail
Première erreur : croire qu’il suffit d’acheter des packs d’eau. Le texte vise aussi l’organisation du travail, l’aménagement des postes, l’équipement et la formation.
Deuxième erreur : traiter seulement les chantiers extérieurs. Le risque existe aussi dans certains espaces fermés, notamment les locaux mal ventilés ou les postes à forte chaleur ambiante.
Troisième erreur : attendre l’alerte orange pour agir. Les niveaux jaune, orange et rouge entrent dans la logique d’“épisode de chaleur intense”. Il faut donc préparer le dispositif avant l’événement.
Quatrième erreur : oublier les signaux faibles. L’INRS et l’Assurance Maladie rappellent les signes d’alerte : fatigue inhabituelle, vertiges, maux de tête, nausées, crampes, peau rouge et chaude, confusion, température supérieure à 39 °C. Le coup de chaleur est rare, mais grave.
Fortes chaleurs au travail : une checklist immédiate pour l’employeur
Voici une checklist simple et solide :
- vérifier si le DUERP mentionne le risque chaleur ;
- identifier les postes exposés, en intérieur et en extérieur ;
- définir les mesures par unité de travail ;
- fixer les règles de surveillance de la vigilance Météo-France ;
- organiser l’accès à l’eau potable fraîche ;
- adapter horaires, pauses et charge physique ;
- prévoir une consigne d’alerte en cas de malaise ;
- informer l’encadrement et les salariés ;
- tracer la mise en œuvre dans le plan d’action.
L’offre EXPERTORISK :
C’est un pack court, concret et immédiatement utile :
- diagnostic flash fortes chaleurs ;
- mise à jour DUERP ciblée ;
- plan d’actions opérationnel ;
- fiche réflexe encadrement ;
- causerie sécurité / quart d’heure sécurité ;
- kit CSE/CSSCT.
Conclusion
Les fortes chaleurs au travail ne relèvent plus du bon sens seul. Elles relèvent d’une obligation structurée, contrôlable et documentable. La vraie question n’est plus : “fera-t-il chaud ?” La vraie question est : votre DUERP est-il prêt avant le premier épisode de chaleur intense ?
Si la réponse est non, l’action la plus utile est simple : faire un diagnostic flash, corriger le DUERP, formaliser les mesures terrain et outiller l’encadrement. C’est précisément la place d’EXPERTORISK.
5. FAQ
1. Depuis quand l’employeur a-t-il des obligations spécifiques sur les fortes chaleurs au travail ?
Depuis le 1er juillet 2025, avec l’entrée en vigueur de dispositions spécifiques du Code du travail relatives aux épisodes de chaleur intense.
2. Le risque chaleur concerne-t-il seulement le travail extérieur ?
Non. Le texte vise les expositions en intérieur comme en extérieur. L’INRS cite par exemple les buanderies, cuisines, chantiers et activités de jardinage.
3. Existe-t-il une température maximale légale au-delà de laquelle il est interdit de travailler ?
Non. L’INRS rappelle que le Code du travail ne fixe pas de température maximale unique. L’approche attendue est celle de l’évaluation du risque et des mesures adaptées.
4. Faut-il intégrer ce risque dans le DUERP ?
Oui. Service-Public indique clairement que l’employeur doit intégrer le risque de fortes chaleurs dans le DUERP.
5. L’employeur doit-il prévoir de l’eau en quantité particulière ?
Oui. Il doit fournir une quantité suffisante d’eau potable fraîche et la maintenir au frais à proximité des postes. En l’absence d’eau courante, Service-Public rappelle le minimum de 3 litres par jour et par travailleur.
6. Quels signes doivent alerter sur un possible coup de chaleur ?
Température supérieure à 39 °C, maux de tête, nausées, respiration rapide, pouls rapide, peau rouge et chaude, confusion, comportement étrange, voire perte de connaissance. C’est une urgence.








