On parle souvent de harcèlement “descendant”. Pourtant, il existe aussi des situations ascendantes : un ou plusieurs salariés adoptent des agissements répétés qui dégradent les conditions de travail de leur responsable (chef d’équipe, manager, responsable de service…).
Juridiquement, le cadre du harcèlement moral s’applique quel que soit l’auteur : ce n’est pas la position hiérarchique qui fait le harcèlement, ce sont les faits. 

Dans ces configurations, l’enquête interne est souvent l’outil le plus efficace pour : objectiver la situation, protéger la santé des personnes, et déclencher des mesures de prévention adaptées.

Comprendre le “harcèlement moral ascendant” (en termes simples)

Le Code du travail définit le harcèlement moral comme des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail, susceptible de porter atteinte aux droits/dignité, d’altérer la santé, ou de compromettre l’avenir professionnel. 

L’INRS rappelle aussi que tout conflit n’est pas du harcèlement, mais que la répétition, la dégradation des conditions de travail et les violences internes doivent être traitées comme un risque professionnel

Exemples fréquents (ascendant) :

  • contestation systématique et organisée des décisions, dénigrement en réunion ;
  • isolement (boycott d’informations, refus de coopération) ;
  • rumeurs, plaintes répétées instrumentalisées, déstabilisation ;
  • sabotage (rétention d’info, erreurs “volontaires”, blocage des actions).

Pourquoi l’enquête interne est décisive

Quand la tension monte, on voit souvent deux écueils :

  1. Minimiser (“c’est un conflit d’équipe”)
  2. Punir trop vite, sans faits solides, ce qui fragilise juridiquement et détériore le climat social.

Une enquête interne bien menée permet de :

  • qualifier la situation (conflit / dysfonctionnement organisationnel / harcèlement) ;
  • protéger les personnes (mesures conservatoires, prévention des représailles) ;
  • sécuriser les décisions (disciplinaires, organisationnelles, managériales) ;
  • identifier les causes (organisation, charge, règles de coopération), comme le recommande l’INRS pour agir “à la source”. 

Obligations de l’employeur : prévention et action

L’employeur doit :

  • prévenir le harcèlement moral (dispositions nécessaires) 
  • et, plus largement, intégrer ces situations dans la prévention des risques (RPS/violences internes), conformément aux approches de prévention promues notamment par l’INRS et l’ANACT. 

Autrement dit : lorsqu’une alerte sérieuse apparaît, ne rien faire ou “attendre que ça passe” expose l’organisation (santé, climat social, responsabilité).

Notre prestation d’enquête harcèlement : une méthode de prévention, pas une chasse aux coupables

En tant qu’organisme de prévention, notre objectif est double :

  1. Établir des faits de manière rigoureuse
  2. Réduire durablement le risque, en traitant les causes (organisation du travail, régulation, management, règles collectives), conformément aux principes de prévention des violences internes.

1) Cadrage et sécurisation

  • analyse de l’alerte (faits, périmètre, risques immédiats)
  • mesures de protection si nécessaire (aménagements temporaires, consignes de non-représailles)
  • définition d’un protocole d’enquête : impartialité, confidentialité, traçabilité

2) Collecte des éléments

  • entretiens individuels (plaignant, mis en cause, témoins, ligne hiérarchique, RH…)
  • analyse documentaire (mails, signalements, planning, objectifs, incidents, éléments RH)

3) Analyse et qualification

  • mise en perspective des faits (répétition, contexte, impact sur conditions de travail) au regard des repères légaux 
  • attention à la logique probatoire : le juge examine l’ensemble des éléments “pris dans leur ensemble” ; documents médicaux éventuels peuvent être pris en compte. 

4) Restitution et plan d’actions

  • rapport structuré (faits établis / non établis / points de vigilance)
  • recommandations prévention : régulation d’équipe, clarification des rôles, ajustement de charge, règles de communication, dispositif d’alerte, formation, etc. 
  • accompagnement à la mise en œuvre (pilotage, communication interne, suivi)

Quand faire appel à un organisme externe ?

Vous avez intérêt à externaliser l’enquête notamment si :

  • l’équipe est très polarisée (“effet de meute”) ;
  • la ligne hiérarchique est impliquée ou contestée ;
  • vous craignez un défaut d’impartialité perçu en interne ;
  • le dossier est sensible (risque santé, risque disciplinaire, risque médiatique/social).

Un intervenant externe apporte :

  • une neutralité plus crédible,
  • une méthode éprouvée,
  • une capacité de prévention (au-delà du traitement du cas).

Pour obtenir un renseignement ou un devis.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous souhaitez participer à nos formations ?

Découvrez nos formations pour renforcer vos compétences en sécurité, santé au travail et gestion des risques. Contactez-nous pour un apprentissage de qualité.

Formations

Nos autres actualités

Technicien extérieur intervenant dans une entreprise avec une zone de travail balisée
5/05/2026
Coactivité en entreprise : sécuriser les interventions extérieures
La coactivité en entreprise crée souvent des risques que personne ne voit vraiment. Un prestataire intervient dans un atelier. Un transporteur arrive...
30/04/2026
Enquête interne harcèlement : ce que change vraiment l'arrêt de 2026
Un signal d’alerte, deux salariées victimes, aucune enquête interne. Et pourtant, le licenciement tient. Voilà, en une phrase, l’enseignement central...
Quand l IA s arrête  le tableau de bord vire au rouge.
15/04/2026
Et si l'IA s'arrêtait demain ? Ce que votre entreprise risque vraiment
Le 18 novembre 2025, la panne Cloudflare a paralysé ChatGPT, Gemini et Perplexity pendant plusieurs heures. Ce jour-là, des centaines...
Illustration du volet environnemental BDESE avec un grand E vert, des cubes BDSE et des indicateurs environnementaux sur un bureau.
14/04/2026
Le volet environnemental BDESE : la lettre E que personne ne remplit
Depuis le 22 août 2021, la BDES n’existe plus. Elle s’appelle désormais BDESE. Un simple E a été ajouté. Pourtant,...
Audit flash incendie ERP — expert inspectant une issue de secours dans un bar
12/04/2026
Audit flash incendie ERP : 2 incendies, 2 destins, 1 leçon à retenir
Introduction 41 morts à Crans-Montana. Zéro mort à Kehl.  En moins de quatre mois, deux incendies violents ont ravagé deux...
IPRP réalisant un audit de terrain en entreprise pour évaluer les risques professionnels
10/04/2026
IPRP : rôle, missions et comment en faire appel concrètement
En France, un accident du travail survient toutes les quatre secondes. Pourtant, la majorité des PME ignorent encore l’existence d’un...
Élus CSE en réunion plénière consultant le DUERP posé sur la table (CSE poste de travail DUERP)
6/04/2026
Le CSE dans le DUERP : un poste de travail à évaluer
Temps de lecture : 7 minutes Beaucoup d’élus du CSE connaissent leur rôle dans le DUERP. Ils savent qu’ils doivent...
RPS ou QVCT : ne confondez pas les deux dans votre DUERP
1/04/2026
RPS ou QVCT : pourquoi confondre les deux peut vous coûter cher
Risques Psychosociaux · DUERP RPS ou QVCT : ne confondez pas les deux dans votre DUERP Beaucoup de dirigeants pensent cocher...
Équipe de direction et responsable HSE réunis pour évaluer un risque international. crise en Iran risque santé sécurité
23/03/2026
Crise en Iran : le risque santé-sécurité que les entreprises sous-estiment
La crise en Iran ne relève plus seulement de la diplomatie ou du commerce international. Elle touche déjà la santé et la...